Le NEPAD-IPPF soutient les pays africains dans le renforcement des infrastructures régionales

 

Le Mécanisme de financement de la préparation des projets d’infrastructure du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD-IPPF) a poursuivi son assistance aux pays africains, en renforçant les infrastructures de connectivité régionales, en fournissant des subventions pour la préparation et le développement de projets d’infrastructures régionales transfrontalières complexes. Les domaines couverts par ces subventions concernent l’énergie, les transports, les TIC ainsi que l’énergie hydraulique transfrontalière. Cette aide contribue directement aux efforts d’intégration et d’industrialisation ainsi qu’au commerce des biens et des services de l’Afrique, et elle contribue à relever la qualité de vie des Africains en améliorant l’accès aux services dépendant d’aménagements infrastructurels – l’électricité, l’eau, les transports et les communications.

Le NEPAD-IPPF accorde des subventions aux pays africains par le biais des communautés économiques régionales (CER) et à travers des institutions spécialisées dans les infrastructures régionales telles que Power Pools pour concevoir la faisabilité, la technique et l’ingénierie de projets, pour entreprendre des études d’évaluation de leur impact social et environnemental, ainsi que pour préparer des documents d’appel d’offres et fournir des services consultatifs relatifs aux transactions qui y ont trait, afin de rendre lesdits projets bancables et susceptibles d’être financés et mis en oeuvre pour soutenir la transformation socioéconomique de l’Afrique.

Faisant le bilan des réalisations de l’année 2016 lors de l’atelier consacré à la stratégie d’entreprise du NEPAD-IPPF tenu au siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le vendredi 3 février 2017, Shem Simuyemba, Directeur du Fonds NEPAD-IPPF, a informé les participants qu’en 2016, le NEPAD-IPPF a approuvé divers décaissements pour un total de 14,83 millions de dollars EU pour financer la préparation de huit projets régionaux couvrant l’énergie, le transport et l’eau.

Cinq projets portant sur l’énergie et l’électricité ont été approuvés, deux en Afrique de l’Ouest, deux en Afrique australe et un en Afrique de l’Est. En Afrique de l’Ouest, ils s’agit du projet de renforcement de l’interconnexion électrique transfrontalière (de 330 kV) entre le Nigéria et le Bénin, dont l’exécution est assurée par le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (EEEOA), et l’étude de faisabilité pour la femme dans un changement de chaîne de valeur de l’énergie en Afrique de l’Ouest, dans le cadre du Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la CÉDÉAO (CEREEC) visant à créer des possibilités d’affaires pour les femmes entrepreneurs dans la chaîne de valeur énergétique. En Afrique de l’Est, le NEPAD-IPPF a convenu d’un financement pour un projet d’oléoduc relatif au transport de produits pétroliers raffinés entre l’Ouganda et la Tanzanie, le contrôle pour sa bonne exécution devant être exercé par la Communauté d’Afrique de l’Est. Pour l’Afrique australe, les projets qui ont été approuvés sont les suivants : le projet d’interconnexion d’énergie électrique (de 400 kV) entre la Zambie et le Mozambique et le projet d’interconnexion d’énergie électrique (de 330 kV) entre Kolwezi (RDC) et Solwezi (Zambie) reliant les ceintures d’extraction du cuivre du Katanga en République démocratique du Congo (RDC) et de la région Nord-Ouest de la Zambie. L’Agence d’exécution pour les deux projets est le Pool énergétique de l’Afrique australe (SAPP). Le projet d’interconnexion d’énergie électrique entre la Zambie et le Mozambique est cofinancé par l’US Trade and Development Agency (USTDA).

Le travail de préparation et d’élaboration du projet entrepris par le NEPAD-IPPF a eu un impact majeur sur la création d’autres projets bancables, qui ont attiré des financements pour leur mise en oeuvre. On peut citer en exemple le projet d’interconnexion d’énergie électrique « North Core » (de 330kV) devant relier le Nigéria, le Niger, le Bénin et le Burkina Faso. Le NEPAD-IPPF a mis à disposition un montant de 5,9 millions de dollars EU pour la préparation de ce projet (l’une des subventions les plus importantes pour un seul projet). Le coût pour le financement du projet a été estimé à 681,67 millions de dollars EU. Mais à la table ronde tenue le 9 novembre 2016 sous les auspices de l’EEEOA et des pays concernés pour discuter du financement du « North Core », le projet a mobilisé 1,205 milliard de dollars EU en promesses de financement.

Les deux projets relatifs au transport qui ont été approuvés avaient trait, pour le premier, à la route multinationale Kribi-Campo-Bata, un axe routier et un pont sur le fleuve Ntem connectant le Cameroun à la Guinée équatoriale, qui a bénéficié d’une subvention de 3,04 millions de dollars EU dans le cadre de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale. Il s’agit d’un important corridor pour les échanges commerciaux et le transport en Afrique centrale. L’autre projet se trouve en Afrique de l’Est. Il s’agit du projet « Développement du port de Lamu : services-conseils en transactions et fourniture d’assistance technique – Phase 1 », dont l’objectif est la mise sur pied d’un partenariat public-privé (PPP) pour le développement du nouveau port de Lamu au Kenya devant desservir l’Éthiopie, le Soudan du Sud et le Kenya grâce au méga projet d’infrastructure LAPSEET au coût de 20 milliards de dollars EU.

Un projet d’énergie hydraulique multinational à caractère transfrontalier, celui du bassin du fleuve Orange-Sengu, a également été approuvé en 2016. Le but de la subvention est d’aider à la préparation d’un projet polyvalent ainsi que d’une stratégie et d’un plan d’investissement en matière de ressources hydrauliques résistant aux phénomènes climatiques pour le bassin du fleuve Orange-Senqu. Le projet est cofinancé par le Fonds africain pour l’eau et le Partenariat mondial de l’eau (GWP), et il est géré par la Commission du bassin du fleuve Orange. Quatre pays – le Lesotho, l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie – en bénéficieront, vu qu’il desservira, entre autres, l’espace économique le plus dense d’Afrique, soit la province de Gauteng en Afrique du Sud avec ses mines, son agriculture et ses activités industrielles.

Le NEPAD-IPPF est un fonds spécial multidonateurs hébergé par la Banque africaine de développement (BAD), créée sous le G8 dans le cadre de l’appui au Plan d’action pour l’Afrique du NEPAD et géré en étroite collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et l’Agence du NEPAD. Les donateurs apportant leur soutien au NEPAD-IPPF comprennent le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la Norvège, l’Espagne et le Royaume-Uni. Depuis sa création en 2005, le NEPAD-IPPF a approuvé 72 subventions pour des projets d’infrastructures régionales transfrontalières complexes, qui ont amené des financements en aval de 7,88 milliards de dollars EU, ce qui démontre l’effet de levier élevé de projets bien préparés.

Dans le cadre de son plan d’affaires stratégique en cours (PSE) pour la période de cinq ans de 2016 à 2020, le NEPAD-IPPF doit recueillir des financements d’environ 250 millions de dollars EU afin qu’il lui soit possible de préparer de 80 à 100 projets d’infrastructure régionale, qui devraient générer 25 milliards de dollars EU en investissements dans les infrastructures. Le NEPAD-IPPF lie également de plus en plus son travail de préparation de projets au bouclage financier, et une partie de la dynamique de sa nouvelle orientation opérationnelle le pousse à s’engager dès le début des projets avec leurs promoteurs, leurs financiers et les sociétés d’investissement pour s’assurer que des projets préparés par ses soins correspondent mieux aux besoins des investisseurs.

« L’enseigne NEPAD-IPPF est maintenant reconnue à travers l’Afrique pour son aide aux pays africains dans la préparation de projets d’infrastructure régionales transfrontalières complexes et pour le processus de bancabilité auquel elle les prépare. Elle les offre donc une solution intégrée en matière de développement de projets », a déclaré Simuyemba. Il a également fait remarquer que le NEPAD-IPPF présente des occasions d’affaires tout au long de « la chaîne de valeur des infrastructures », pas seulement pour la prestation de services consultatifs, mais aussi pour le financement, la construction, la fourniture de matériel, la technologie et les compétences, ainsi que pour les opérations et l’entretien.

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